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NOTRE SÉLECTION DE POÈMES : Mona GAMAL EL DINE

OBÉLISQUE


Tu contemples le monde ...
Tu racontes les siècles de lumière ...
Tu témoignes de l'histoire de ton pays natal et de ta mère adoptive ...
Reste debout, honore la pharaonne Hatchepsout qui se promène dans la capitale des mille princesses ...

Oh ! obélisque, c'est ta fête avec 1000 bougies et des danseuses !...
Défie la mémoire du temps !

Eiffel t'a offert les Champs-Élysées pour que tu ne restes pas seul ...
Il a envie de décrypter ton secret pour cette jeunesse ...
Il veut exprimer cette beauté éclatante...

Champollion a déchiffré les messages de ta robe longue mais il a gardé son secret...

Ton hiéroglyphe révèle le talisman de fraternité ...
Applaudis les déesses qui chantent ta gloire !

Mona GAMAL EL DINE
5 Décembre 2017



OH FEMME !


C'est toi la plus belle créature...
L'histoire t'a honoré ; grande dame...
Tu parles de Néfertari, la grande épouse royale...
Tu racontes la légende d'ISIS dont la volonté et le pouvoir impressionnent les hommes...
Tu chantes avec le monde, Cléopâtre amante de César, a traversé la mer et les nuages...

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire !
Tu as raison « Marie Curie » accusée pour raison d'amour...
Camille Claudel conduite à la folie...
Et Lady Diana... ? !

Oh Femme !

À peine as-tu vu la lumière, que ton entourage pleure ton arrivée, indésirable créature n'est-ce pas !
Adolescente, tu seras conduite pour purifier ton corps...
Jeune, tu seras jetée dans la cage du mariage...
Mariée, tu seras obligée, sans recours, de te reproduire, garçon ou fille !

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire pour cacher cette tristesse ?
La couleur noire ne cache pas la misère du cœur...
À l'âge mûr, tu commences à te réveiller après tant d'épreuves...
Le bonheur existe mais il faut le retrouver, enfoui dans un puits...
Dans la vie, il faut l'inventer...
Cela te donne certaines raisons de vivre ta passion...

Hélas, ton nid est plein de serpents !
C'est vrai ta beauté est éclatante !
La nature t'a offert une mine de bonheur...
Quand la vierge allaite son fils, la mère idéale de l'univers, inspirée par les artistes.
Quand le prince cherche une fille à la robe rouge qui a perdu ses chaussures...
Quand Cendrillon s'occupe de ses petits frères, sœur aînée sacrifiée...
Tu oublies « Chahrayar » qui a suspendu les paroles de « Shéhérazade »
juste à l'aube de l'histoire...
Tu as vu « Ishtar », dans le monde moderne, la Déesse est assassinée à Bagdad !
Zénobie n'est pas revenue à Palmyre...

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire !
Tu es la rose dont le parfum nous excite...
Tu es l'arbre dont l'ombre nous abrite...
Tu racontes des comédies, pour oublier ton chagrin, je te réponds c'est de la tragédie sombre !
Dans un monde, où tu es cachée loin du soleil...
Tu restes à l'ombre de lumière, censure suivie de censure, tes lettres magiques sont interdites !

Oh Femme !

Tu déclares ;

Démocratie d'amour,
Démocratie de liberté,
Démocratie de poésie de lumière...

Un monde sans pitié refuse l'égalisation de la fraternité...

Oh Femme !

Lève-toi ! Regarde le soleil...
Lève-toi ! Écris ton histoire...
Lève-toi ! Parle de ton courage, de ton sacrifice aux yeux du monde !

Oh Femme !
Oh Femme !
Lève-toi ! Dessine une petite fille au cerf-volant...
Lève-toi ! Chante l'hymne de la LIBERTÉ !

Mona GAMAL EL DINE
25 octobre 2017


MESSAGE D'UNE FEMME RÉVOLTÉE

‘Je ne croie pas', tu avoues
Et, tu continues à lutter avec espoir
‘Je ne pense pas', tu protestes, mais tu combats sur tous les fronts.
‘J'en ai assez du goût amer de la terre', tu cries
Pourtant, tu choisis des couleurs vives, couleurs de la fête
‘J'ai des limites', tu contestes
Et, tu voyages entre ciel et terre
‘Je pleure mes enfants', tu regrettes
Bien que tu en aies beaucoup dans les bras
‘Je ne me sens pas bien' mais tu reprends ton souffle
quand tu luttes contre le feu
‘Je suis abattue', tu reconnais
Et, tu es debout, grande et digne comme l'obélisque

Permettez-moi, Madame, je suis l'ange qui vous garde
Vous espérez la paix sur terre
Vous avez le goût de la fête, que l'ange de la joie vous accompagne
Vous pleurez les enfants sacrifiés dans le feu
Mais que le ciel vous vienne en aide !
Vous vous sacrifiez pour sauver les vers de terre
Que la nature vous aime

Vous êtes une femme qui offre des fleurs aux prisonniers
Vous êtes une femme qui offre des pétales aux abeilles
Vous êtes un très ancien royaume à son coucher de soleil
Vos flambeaux sont là-bas sur le chemin des militants au pied de la montagne
Votre cri désespéré tombe dans la cité sourde où désormais les couleurs violentes, remplacent les mots

Les mots ont déserté la bouche des poètes
Souvenirs...souvenirs comme le miel dans les ruches

Vous êtes une femme qui apporte l'espoir à ceux qui guérissent
C'est vous qui apportez le remède aux brûlés de la terre
Et qui apporte un sourire aux opprimés de la vie
Vous êtes la femme qui donne du pain pour les amoureux
Et, vous apportez du miel pour les enfants sans prophète

Votre main est tendue pour empêcher le mal
Votre regard est vers le monde
Votre flamme est pour toujours

Madame, vous êtes un soulagement pour les oubliés de Dieu
Vous êtes reconnue Citoyenne du monde
Votre nom est précieux : sa majesté la Liberté

Mona GAMAL EL DINE
Paris, juin 2005
Mona GAMAL EL DINE

LA VOIX D'UN ENFANT INCONNU


En souvenir des enfants coptes massacrés sur le chemin de monastère de Saint Samuel à Minieh.


Je contemple l'arbre anéanti et la terre brûlée...
J'ai poussé un cri d'amour et de désespoir...
Je n'entends pas le chant des oiseaux ni leurs petits gazouiller comme autrefois...
Je pleurais et le ciel pleuvait...
Je vis le présent mais le passé m'habite... j'ai effacé les souvenirs !

Il était une fois... des champs de blé, surface dorée, étaient l'espoir de nourrir les habitants de la vallée...
Comme ma mémoire est perturbée ! Je me souviens que je jouais avec les filles et les garçons : Léa, Mina, Amal, Khalid, Youssef...
À l'époque, les cloches de l'église annonçaient un événement, nous y rentrions avec l'espoir de partager le pain sacré...

Avant le coucher du soleil, c'était le retour des paysans avec leurs troupeaux, nous sautions de joie devant cette image...
Nous rentrons pour le dîner...
C'était la joie de vivre...
Sur le chemin, l'odeur du pain engouffré dans le four nourrit notre cœur avec un immense bonheur...
Sur la route des souvenirs, j'ai perdu mes mots, les cris des enfants et le chant des oiseaux,...

Je ne me souviens plus des couleurs de l'arc-en-ciel, au moment du coucher de soleil, sur notre village...
J'ai oublié les couleurs de joie des costumes traditionnels des femmes...

Je suis revenue pour marcher sur les cadavres de mon village, corps silencieux, yeux ouverts sans regard qui voudraient raconter l'histoire de notre village anéanti – arrêt sur image – sans reconnaissance de mémoires...

Anges innocents, ils n'ont pas touché le bonheur de la vie
Un fantôme obscur hante ses victimes
Les âmes révoltées sont dans la souffrance
On mutile les cadavres, on brûle leurs objets sacrés
Leur corps immobile, continue à méditer...
L'œil de la divinité est indifférent au flot de sang ? !
Combien de poèmes pour me consoler ? !

Il était une fois un village, une montagne, des enfants qui jouaient, des femmes qui préparaient le pain, des hommes qui récoltaient le blé, une vie de village !...

Les arbres grandissaient pour donner de l'ombre à notre village bien aimé...
Les oiseaux parlaient, chantaient et vivaient en paix !

Il était une fois des larmes de joie, des mariages et des deuils, des fêtes, des départs, des tambours...
Je suis revenue à l'époque des tambours de guerre et des nouvelles suspendues...
Je suis abasourdie par les nouvelles diffusées, déformées par la radio qui annonce un seul gagnant, celui qui a réussi à mettre le feu à toutes les vies...
Celui qui a triomphé en semant la peur, anéantissant la noblesse des sentiments...

Décadence ou fierté ?

Mon cœur saignait, mes mains tremblaient, mes yeux larmoyaient...
Je ne pouvais pas distinguer les cadavres, même pas jeter un dernier regard...
Mes cousines, mes cousins, mes nièces, mes neveux et les enfants du village.
Où sont-ils ?

L'œil observe la fosse commune...
Oui, ils sont tous ensemble...
Oui, nous sommes ensemble dans la douleur, dans le deuil de l'Humanité...
Les enfants du monde déposent des gerbes de fleurs rouges devant le mémorial de l'enfant inconnu...
Ces innocents sont-ils gratuitement massacrés ? !
Est-ce vrai que Dieu est puissant ?... juste ?

Le ciel abriterait-il les criminels ?!

Ces enfants envoient un message à l'Humanité...
Nous sommes la terre, nous sommes la Paix !

Ils conseillent de dire, d'écrire, de chanter l'hymne de la Paix chaque matin à l'école...
Ils souhaiteraient offrir des fleurs, chaque jour, pour fleurir les tombeaux, les epargner de l'oubli.

Ils seraient satisfaits d'envoyer aux victimes des lettres d'amour car elles sont les martyres de la Paix...

Ils voudraient être la mémoire vivante dans le cœur de l'Humanité...
Ils s'adressent à l'Humanité pour nous dire : le temps est venu de vivre en Paix ensemble !

C'est sur cette note d'espoir que s'achève le message d'un enfant inconnu...

Mon crayon cesse de bouger et s'arrête sur ces mots en or : Ensemble pour la Paix !

Mona GAMAL EL DINE
26 mai 2017



Mona GAMAL EL DINE
Docteur en sciences de l'art - La Sorbonne, Paris
Présidente de l'association ISIS Arts & Cultures
Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix
Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris)
Historienne de cinéma & Réalisatrice.
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Poèmes publiés sur le site internet lemanoirdespoetes.fr