NOTRE SÉLECTION DE POÈMES : Jean DORNAC

ENFANT…


Dans quel monde es-tu né,
Toi, l'innocent ?
Tu es arrivé confiant
Dans un monde
Fait de quelques puissants
De peuples affamés
Errants et sans liberté.

Gamin,
Ne sais-tu pas que pour briller,
Les tortionnaires
Vont tout te voler ?
Ne sais-tu pas que
Ta pauvreté est garante
De leurs excès ?
Ne sais-tu pas que pour tout accaparer
C'est ta vie qu'ils vont briser ?
Pour qu'ils règnent en maîtres
Tu dois disparaître...

Oh innocent,
Ne sais-tu pas que par soif d'argent,
Ils sont avides de ton sang ?

Oh, enfant de la terre,
Fils de toutes les nations,
Bambin aux yeux rieurs
Ou déjà en pleurs,
Pauvre ou miséreux,
Pleurant de faim
De froid, de peurs
Ceux qui veulent ta mort
Oublient qu'ils s'immolent
Et précipitent la terre
Dans l'horreur.

Enfant,
Tu es sel de terre
Et de vie !
Sans toi,
Nul sourire
Nulle joie
Nulle espérance
Nulle beauté
Nul avenir sur terre…

Enfant de Palestine,
Petite fille du Darfour,
Étudiant d'Iran ou de Chine,
Gamin du Pérou ou d'Argentine,
Fils d'Afrique et d'ailleurs
Ta vie n'est rien
Aux yeux de ces gredins.

Fils d'Europe,
Fille d'Amérique,
Tu te crois privilégié
Mais ta vie est en danger.
Pour la fortune de tes banquiers
Les pouvoirs vont t'engraisser
Avant de te livrer à la boucherie.
Comme on saigne le porc,
Ils t'enverront au feu de guerres
Qui, jamais, ne sont tiennes.

La mort de tout enfant
Fruit joyeux de la terre
Est un crime sans nom.
Tant de dons qui n'écloront pas
Tant de chances évanouies
Tant d'espérances anéanties
Pour la seule volupté
De quelques funestes prédateurs.

Enfant,
Je pleure les poèmes que tu n'écriras pas
Je pleure les notes que tu ne joueras pas
Je pleure les œuvres que tu ne peindras pas...

Je pleure l'amour dont, jamais,
Tu ne nourriras le monde…


© Jean DORNAC Poète français
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26 juin 2009


J' AURAIS TANT VOULU


J'aurais tant voulu que le monde soit beau.
La voracité des uns
Et l'indifférence des autres
Ne l'ont pas permis.

Mon âme d'enfant
Ne supporte pas l'horreur
D'un fusil braqué
Sur un gosse et sa famille.
Leurs regards effrayés
Crient l'inhumanité
Et transpercent mon cœur.

J'aurais tant voulu que nous vivions d'amour.
Mais les esprits fossiles
Et la peur des autres
Ne l'ont pas voulu.

Cœur affligé,
Yeux embués,
Je ne vois que haine,
Jalousie et mépris.
Je n'entends qu'envie,
Violence et tueries.

J'aurais tant voulu un monde généreux.
Mais les spectres haineux
Et la foule des marchands
Ont fait de nous des ventres avides.

Pour les servir,
Aveugles et fous,
Je n'aperçois que soldats et policiers
Aux uniformes chamarrés
A l'âme ensanglantée
Pires que tabliers de bouchers.

J'aurais tant voulu un monde fraternel.
Mais les racistes
Et les orgueilleux
Font de nos cœurs des champs de bataille.

Âmes empoisonnées
Cœur desséchés
Esprits figés
Ils détruisent leurs frères
Au nom d'idéologies
Rebuts de la pensée.

J'aurais tant voulu un monde de libertés.
Mais les pouvoirs abusifs,
Et les prêcheurs,
Nous ont emprisonnés.

Les pouvoirs, de toujours,
Enchaînent les corps,
Les plongent dans la nuit.
Les fanatiques des dieux
Placent des fers
Sur  nos âmes désolées.

J'aurais tant voulu, j'aurais tant voulu,
Que les promesses de la vie
Ne deviennent pas mensonges
Au service des serpents et des hyènes.

J'aurais tant voulu que le soleil
Brille pour tous,
Que l'eau réconforte chacun,
Que nul ne meure de faim,
De froid et de misère.

J'aurais tant voulu que la vie respire
Comme il l'aurait fallu
Et non pas comme certains
L'ont faite à leur image…


© Jean DORNAC Poète français
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15 juillet 2009

Vertige


Vies qui défilent,
Qui s'envolent
Comme la fumée
De ma cigarette.
Mouvance diaphane
Qui flotte et qui s'étiole…

Génie ou sot,
Dans une même danse,
Prince ou manant,
Qu'importe le rang,
Le tourbillon t'emporte
Vers l'éternel néant.
Tu as cru être
Et déjà, tu n'es plus…

Que je sois mort ou vivant,
Qu'importe au demeurant ?
Mais je crie mon désespoir
D'avoir déjà perdu,
A jamais et sans retour,
Les délices possibles,
Fruits de quelque esprit
Trop vite disparu.

Je voudrais qu'existe
Ce Dieu que d'aucun proclament
Et que par amour
Il nous les garde pour toujours.
Mais je ne vois que mort,
Qu'effacement des âmes,
Qu'extinction de la flamme.
A peine le poète est-il né
Que déjà son encre est séchée…

Oh, impossible vie
Qui arrache trop vite
Ce que tu as permis !
Oh effrayant gâchis
Que tous ces Mozart si vite partis !
Que tous ces Garcia Lorca
Trop vite détruits !

Pourquoi avoir permis
Ces splendeurs
Caressant nos âmes
Si, à la fin,
C'est pour les broyer
Dans tes cruelles destinées ?
Pourquoi tant de dérision,
D'espérances qui finissent
A jamais en désillusions ?

© Jean DORNAC Poète français
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14 juillet 2009

Maudit


Pouvoir maudit
Menteur
Prétentieux
Violeur
Monstrueux !

Dans quelle caverne
De ton âme ténébreuse,
Par quels maléfices
Venus de l'abîme
Des fosses sataniques
Trouves-tu
Ta nuisance ?

Par quelle vilenie
Trouves-tu la fougue
De commettre tes crimes 
Et toujours les justifier ?

Par quel détournement
De conscience
Oses-tu encore
Parler
Ordonner
Agir
Sans jamais rougir…

Tes crachats sur les ondes,
Tes grimaces sur les images,
Se transforment, pour nous,
En cruelles souffrances ;
Tes dogmes
Sont autant
D'insultes à la vérité.

Ton apparence
De « bien né »,
D'élite cultivée,
Ne peut cacher
Ce que ta noirceur
A défiguré.


© Jean DORNAC Poète français
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26 juillet 2009

Frémissements


Lorsque tu parais,
Nue et offerte,
Mon âme louvoie
Entre vie et mort.

Te désirer,
Te toucher,
T'embrasser,
Te caresser,
T'enlacer.
M'oublier.
Je suis éternité.

Mon esprit danse avec le feu
Il brûle par tous les pores.

Feu divin,
Feu infernal,
Ardent,
Eblouissant,
Flamme sans fin,
Flamme que nulle eau
N'éteint jamais.

Ma conscience s'évapore
Dans la folie de nos corps.

Amour et haine,
Rires et pleurs,
Douceur et violence,
De l'instinct perpétuel.
Rien n'existe
Tout excite.
Toi et moi
Vivants ou morts
A jamais hors du temps.

Les frémissements rauques,
Parfois indomptés,
Qui s'exhalent de ta gorge,
Tous tes sens en ébullition,
Mènent mon âme
Aux délices du délire,
Aux portes de la démence.

Je ne sais plus qui je suis
Je ne sais plus si je vis ;
Et je n'en ai cure
Ma tendre torture…

© Jean DORNAC Poète français
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4 août 2009
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