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NOTRE SÉLECTION DE POÈMES : Jean Pierre MALLET

À Jean Ferrat


Fille des marées et du vent
Il est une langue idéale avec des mots d'orage
Des mutineries contre l'injustice
Dans l'immense goulot de l'histoire
Dévoreur des utopies
La boue éclabousse ton étoile
Ce que l'homme fait au nom de l'amour
En semant la haine
Au nom du bonheur
Dans une vision d'horreur
Ce qu'ils firent au nom
De ce qui n'a pas de nom
Poète tu le portes en ton cœur
Battant mémoire comme un tambour
La Muse endeuillée
Du chapelet des douleurs
Egrène le nom des martyrs
D'Auschwitz Treblinka Térézine
Où le dernier souffle de Robert Desnos
S'échappa des camps de la mort
Enfin libérés
Mais il était déjà trop tard
Pour apercevoir une ombre humaine…

Jean-Pierre MALLET Cliquer sur ce lien pour accéder à la page consacrée à la remise des prix 2007 du Manoir des Poètes
(Consul de la République de Montmartre)



Eclairs brisés des mots
Sur le velours du sommeil
Quelle bouche féconde ton ivresse
Dans la volée des astres
Qui stigmatise mont front
La brume vague à tes pieds
Déroule sa chevelure
Là même où sans bruit
Une troupe obscure de chevaux
Baignait leur crinière de feu
Parle comme l'oiseau
Qui s'élance vers son dernier chant
Une pirogue veineuse
Glisse au rythme bleu des mélopées
Douceur d'un visage oublié
Où vient se rompre l'enfance
Dans une brassée de coquelicots
Voici la passerelle
Qui souriait sous l'arc-en-ciel
La barque à l'abandon
Et nos cœurs noyés
En son miroir d'iris
Voici les arbres de l'automne
Tatoués de nos coups de foudre
La feuille qui s'envola
Au murmure du songe
Et le précipice
Où la mort nous jeta son regard
Voici l'été fauve
Dans la rumeur du vent
L'âme scellée d'un cachet de cire
Je me serais endormi
Pour une leçon de choses à venir
Sur une page frêle de poésie
Voici la peau du temps qui mue
Sur les paupières sèches
Le galet usé par les marées
Et le souffle court des fantômes
Sur nos gâteaux d'anniversaire

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Mai 2010



Résonance


Indicible étoile du levant
Ajourée de strass
J'ai bercé mes oiseaux
Endormis au curare
La violette dans l'ouragan
A perdu tout son sang
Et le mage bleu des sources
Remplit la coupe nue
Près de tes lèvres sonores
Elle viendra parcourir
Mes champs de lin
La déesse sauvage
En son miroir tourmenté
Où je m'abreuve
Conduis mon sommeil
Sur ton char en miettes
Boucle rude des aiguilles
Dans la clairière du temps
J'ai rêvé d'amour
Et de saisons vives
Comme aux bras fragiles des statues
L'astre poli se lève
Elle viendra boire
La déesse sans rivage
La flamme où je me noie
Ô lassitude
Qui pénètre mon âme
Dans le labeur des mots
Elle viendra sur la montagne
D'ombrage et de larmes
Où le regard se ferme
Mais  où le cœur bat
De raison pure

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Mai 2010



Amphore grise


Comme l'aube ruisselle en mon ivresse
De mousse en faux col remplissant toujours
Mon verre voleur, amer flot des jours,
Je bois tout mon soul le temps qui m'oppresse.

Bocage automnal que le soir caresse,
La prairie est tendre aux jeunes amours
Mais en mon cœur gris ton ru n'a plus cours,
Depuis que l'espoir dénoua sa tresse !

L'ange qui me sert est mon échanson
Mais ne connaît ni refrain ni chanson,
Son archer noir s'inspire du mystère.

Voici l'aigle sur l'abîme perché
En ses tourments mon cœur creuse la terre
Vers l'horizon de son soleil couché.

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Mai 2010



LE SECRET


Une tête de mort au bas d'un tablier,
Lucifer flamboyant autour de son étoile,
Tout ce que l'être cache et recouvre d'un voile,
Pour trafiquer dans l'ombre ou se faire oublier :

C'est l'éternel secret où du bouc au bélier
L'homme reste un mouton, substantifique mœlle,
Que dévore encor l'ogre aux mâchoires de squale,
Tant il est vrai qu'il aime à l'Ordre se plier.

Il lui faut vénérer le souverain, le maître,
De sa propre raison ne sachant faire un mètre,
Pauvre philosophie en son cœur sans appel !

Ô frère éveille-toi car le ciel se rapproche !
Si ton âme pourrit par la fiente et le sel,
Détruis le dieu malsain germant dans ta caboche !

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Jeudi 8 octobre 2009



LA GESTE

(Acrostiche)

L'astre se lève orange à la pointe des fleurs,
En bel atour j'ai vu passer l'ombre éphémère...
Ainsi l'amour si fou qu'envoûte la chimère
Est un beau rêve d'aube où perleront les pleurs!

Vois sur la grève ouverte au miroir des douleurs,
Naître le jour extrême et les voiliers d'Homère,
De quelle tour fuyant l'ire de l'onde amère,
L'oiseau s'élève et lance en faisceaux ses couleurs?!

Son joli chant, offert aux choeurs des mélopées,
S'en va cherchant la lyre; ivre encor d'épopées,
La voix céleste sonne au cristal bleu du soir!

De l'univers qui fait rebondir les étoiles;
Voici la geste pure où sommeille l'espoir,
Rimant mes vers qu'un souffle enflamme toutes voiles!


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