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NOTRE SÉLECTION DE POÈMES : Carole CARCILLO MESROBIAN

Extraits de Octobre - Inédits

Pour J. J. T.


Octobre
comme déjà
les gravats sentent gris
ça gît sous la fumée
et ni père ni mère
n’ont enclos ma distance

Je suis de ce voyage
comme un aller perdu

Le sais-tu souviens-toi
toi qui habites enfin le sursis des montagnes
que nos frères sont là les matins de croyances
escamotés de peur
pour coudre sous la peau
les soieries de l’enfance

Toi qui ne t’agenouilles qu’au devant de ta nuit
tu savais mon visage comme on lit dans le noir
l’énigme de l’oubli

J'espère que tu m'attends
si peu
comme un présent
munificent
j'espère que tu m'attends


Carole CARCILLO MESROBIAN

Un essaim de lumière se déchire
sous le déluge des marées
torrentielles

Je marche
comme un ensoleillé se délecte
du le miel sphérique
des comètes

le palimpseste de mon nom
arrache la peau du crépuscule
mon sang répand la trace des nuits
sur une obscurité de gel

Je dormirai
dans la rizière de mes rêves
et si la récolte ensevelit mes larmes
sous les confettis de la faim
j’ensemencerais
le pacte aride dont mon âme
des semis diluviens de l’enfance


Carole CARCILLO MESROBIAN


Je vous écris
cela fait tant
pesé tant
tant de tu
comme un substrat d’années-lumière
imperméables et denses

Je dis ceci parce que votre visage
parle encore dans ma main
dans le vent de ma main
dans la pénombre
cette glaise captive des caresses au profil
apprise dans la nuit
pour que la cécité ne vous efface pas



Carole CARCILLO MESROBIAN

L’octroi est clos

Il y a comme un instant
démuni d’apogée

Je me souviens déjà des secondes pesantes
de ton sourire
cet espace occupé par la houle vivace
de l’encre résiliente de ton nom

Le menteur de silence
ni l’aveugle barbare
rien ne t’a démuni
de l’aura de ton ombre

Octobre
a ramassé ce qu’à l’été demeure
de sillons d’avenirs


Carole CARCILLO MESROBIAN


Lui est mû par l’oubli
Il pleut sous ses cils foudroyés

Il est
le cône italique
des rues
la couleur de céramique lourde
des couloirs de bruit
et les tunnels fusées qui ramassent le temps
en nappes de festins recouvertes d’enfance

Un filon d’électrons
Magnétiques brodés d’armature et de vent
en cuirasse de corps
volubile et sonore
ce qu’ont mordu nos bouches
d’abbatiale ignorance et de transe
mystique

Cette violence insatiable
électrifie le cercle mort
de nos brasses de chair
aux barbelés d’absence


Je t’ai écrit pourtant


Carole CARCILLO MESROBIAN

Bien avant
j’impatientais la marge tentaculaire
où tout commencement
déjoue l’apocalypse
la tentation d’éterniser les renaissances
sculptait l’éternité comme un gisant de jaspe
se nomme avoir été

Lorsque la maille nuageuse explora
le pan rusé des marges
j’ai guidé le fracas de ma bouche
sur l’expiatoire inadvertance
du langage

Et jusqu’à l’aube de n’avoir épelé
que la tranchée mélodieuse du vide
comme on n’ose avouer la mesure des fleurs
ce que le vent les nomme
j’ai désiré comme un miracle avale les contours du ciel
toute absence
et mesuré combien le silence épouse
l’infinie parabole d’un hasard elliptique


Carole CARCILLO MESROBIAN

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