NOTRE SÉLECTION DE POÈMES : Henri CACHAU
DU TIR
Lèverait-il l'archer s'il n'existait de cibles
Ses regards poings tendus ou armement léger
En direction du blanc de son vide intangible
Figurant au-delà de l'effort ce secret...
Conciliant en son centre un rapport inégal
Entre force brute son expulsion violente
D'un assaut projetant l'idée d'un coup légal
Insignifiant dessein qui en esprit s'arpente...
Malaisément sans doute en tant qu'arbalétriers
N'ayant eu l'heur aux combats de posément choisir
Entre proies ennemies ces preux ou chevaliers
Exposant à cent pas d'un destin ses loisirs...
Conséquents du hasard de la fureur des sangs
D'un heureux maintien face à la gent féminine
Interceptant-elle sans maudire un instant
D'un tir l'inanité dont l'effet se débine...
© Henri CACHAU Poète et peintre français
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L'ÊTRE
SACRILÈGE
Tant de maux et de mots tenaient du florilège
Que tard nous soumettrions à la confession
Ne se connectaient-ils pas sans nulle concession
A ce que nos cerveaux pensaient du sacrilège...
Car jamais nous ne sûmes dans la retenue
Maintenir à carreau nos troubles émotions
Débordant anarchistes en des profanations
Commises en réunion à même la chair nue...
Génomes et gamètes poussaient à l'aventure
La sortir du quartier en était l'illusion
Les mannequins d'ailleurs au gré des devantures...
Signalaient à l'envi d'une contradiction
Les vains cheminements malgré leur fière allure
Aboutissant aux remords à la contrition...
© Henri CACHAU Poète et peintre français
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L'Être
GIBOULÉES
La giboulée de mars giflait mon impatience
Et mes fleurs au trottoir ces roses éparpillées
Les déjetant le vent si fou primesautier
Alentour signalait la fin d'une romance...
La giboulée de mars giflait mon espérance
Et mes pieds et mes mains mon cœur de gel transis
Maudissaient sa bise sa bruine mais aussi
D'une blonde fiancée la boudeuse inconstance...
La giboulée de mars raillait ma tempérance
Enjouée déversait ses mille intempéries
Grésils ondées hallebardes des facéties
Dont les pires éléments fustigeaient ma patience...
La giboulée de mars simulait l'inclémence
La saison n'en pouvait d'un désordre pluvieux
Mais bienveillant l'été surviendrait orgueilleux
Pour requinquer d'amour la si frêle ordonnance...
© Henri CACHAU Poète et peintre français
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L'Être
VEILLE
Lorsqu'en fin de soirée nous n'aurons plus sommeil
Nous sortirons les jeux les cartes et les tarots
Afin de repousser de nos états de veille
L'implicite insomnie arraisonnant nos maux...
Puis au petit matin bien après les parties
D'écarté chacun y regagnera son aire
Sur toi je tirerai cet ancien couvre-lit
Un patchwork de stigmates aux taches délétères...
Puis se levant le jour rehaussant nos misères
A cru révèlera nos drames conjugués
D'un coup tu éteindras la cruelle lumière
Dévoilant l'astre clair au travers des croisées...
Dès lors nous n'entendrons sur l'aurore blanchie
Que le vindicatif tic-tac d'un vieux réveil
Egrenant sans cesser amère litanie
Reproches et non-dits dépendants de l'éveil...
© Henri CACHAU Poète et peintre français
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L'Être
IL SUFFIT
Il suffisait de prendre
En ce paradis lointain
Le sel
Puis doucement s'étendre
S'en remettre à demain...
Il suffisait d'entendre
Au matin de l'Eden
Son chant
Puis charmés y surprendre
La mélodie du divin...
Nous voulûmes suspendre
D'un éveil trop serein
L'écho
A notre compte prendre
Signer ce noir blanc-seing...
Il a suffi de tendre
A devenir païens
L'astuce
Pour hélas comprendre
Dieu nous voulait-il du bien...
Maintenant sous les cendres
Retrouverons-nous ce lien
De chair
A trop jouer les Cassandre
Aurions-nous perdu la main...
Il suffit de descendre
Où se clôt d'un dessein
La parole
Pour enfin y condescendre
Nous étions heureux ô combien...
© Henri CACHAU Poète et peintre français
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L'Être

Poète et écrivain, Henri Cachau est aussi peintre et sculpteur.
Il a publié un recueil de nouvelles intitulé "Le quotidien des choses".
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